Ski de pente raide a destination des cadres FFME

La commission ski alpinisme du CT38 FFME a mis en place l’organisation de sorties techniques à destination des cadres et futurs cadres des clubs. La première sortie, encadré par Julian Breuil, a eu lieu samedi 12 mars à Chamrousse sur le thème « Pente Raide » avec 5 participants des clubs GEMSA, STD et CVHM.

Voici les retours de Benjamin Perry du club GEMSA:

« Super journée organisée par le CT38 FFME à destination des cadres ski encadrée aux petits oignons par Julian BREUIL (Guide).

Finalement les remontées c’est plutôt pas mal. Cela nous a permis de sillonner le secteur en faisant 5 pentes ou couloirs, tous autour 40° (avec quelques passages un peu plus raides mais courts). Julian nous a montré de nombreuses techniques nécessaires à ce genre de pentes notamment, le chaussage/déchaussage dans la pente en s’aidant du piolet, des bâtons etc…Les différents types virages selon le niveau technique de chacun…Sauté, pédalé…on a bien travaillé la technique et on s’est bien fait plaisir.

On a utilisé la corde (rappel, main courante, sécuriser l’entrée dans un couloir, aider un skieur à passer un ressaut raide…). On n’a pas pu essayer de purger un couloir, il n’y avait rien à purger! 🙂

Bref une journée dans une super ambiance et très instructive! « 

L‘article complet de Benjamin est à retrouver sur le site du Gemsa: https://www.gemsa.fr/node/5294 et les photos ici.

Nos falaises / Notre patrimoine – Escalade en Isère

Depuis 2020, en Isère, la garde des sites naturels d’escalade inscrits au PDESI est transférée au Département qui supporte désormais « la responsabilité de l’aléa imprévisible ». Aujourd’hui plus que jamais c’est donc conjointement, le Comité Territorial FFME Isère en contrôlant, sécurisant et entretenant les sites et le Département en signant les conventions juridiques avec les propriétaires de ces sites, que la pratique de l’escalade en site naturel peut se poursuivre et se développer pour tous sur le territoire. Ce transfert symbolise une vision commune, celle de la pérennisation de l’escalade en site naturel.

Décès d’Yves Ghesquiers

C’est avec une immense tristesse que nous avons appris le décès d’Yves Ghesquiers.
Equipeur prolifique (dans la Cuvette, à Presles et dans beaucoup d’autres parois, en grandes voies comme en falaises sportives), il avait été président de la Commission SNE du Comité Territorial Isère FFME, membre du CA de VTNO, membre de l’ECI.
Yves est décédé ce vendredi 28 mai, entre 4 et 5 heures du matin, pendant son sommeil.
Une cérémonie se déroulera le jeudi 3 juin à 11h aux Pompes Funèbres Intercommunales (PFI) de la région grenobloise.

rééquipement De la « Paroi Centrale » à Saint-Egrève (Bourse FFME)

Durant l’hiver 2020 jusqu’au printemps 2021, la Bourse FFME SNE a permis au Comité Territorial de l’Isère (CT38) de financer (avec la participation de la commune et du Département de l’Isère) le rééquipement du secteur « Paroi Centrale » sur le site de Saint-Egrève.

Ce rééquipement a été réalisé par les bénévole et salariés du CT38 : Claude V., Lise P. et Seb P. . Ce travail, réalisé dans le soucis de répondre aux normes fédérales en vigueur, permet de classer désormais le secteur en « Sportif » (jusque là en « Terrain d’Aventure » par la vétusté de certains ancrages).
Le tracé de certaines lignes a été repensé. Les noms inscrits au pied des voies. Les 2nd longueurs peu pratiquées et donc devenues quasi ingrimpables ont été purgées et nettoyées pour laisser place à un caillou tout neuf !

Vous pourrez bientôt retrouver le résultat de ce travail (changement de certains itinéraires) dans une MàJ de Ze Topo Tome 1 disponible gratuitement sur notre site web.

En quelques chiffres :
33 longueurs rééquipées
26 relais changés
246 ancrages (goujons/plaquettes inox) utilisés

Budget total : 9065 €
dont Bourse SNE FFME : 2722 €
dont Commune de Saint-Egrève : 1100 €
dont Département de l’Isère : 2598 €
dont CT38ffme : 1743 € + 902 € de valorisation bénévolat

AG FFME du 3 avril 2021 : notre retour sur l’élection du nouveau conseil d’administration

Comme vous le savez sans doute déjà, le 3 avril dernier l’AG élective de la FFME Nationale s’est déroulée en visioconférence afin de remplacer l’équipe sortante menée depuis quatre mandats par Pierre You. Initialement prévue en présentiel à Nantes, suite aux restrictions sanitaires énoncées le 31 mars par le président de la république, Pierre You a décidé le jeudi 1er avril de la dématérialiser tout en conservant un huis clos à Nantes entre VIP fédéraux et représentants des 2 listes candidates.

Deux ans déjà que nos AG se passent en visioconférence sur des votes près importants en limitant ainsi grandement le débat démocratique à la fois pour des raisons techniques et organisationnelles, c’est très dommageable pour la démocratie fédérale et finalement l’unité profonde de la fédération. Nous avons assisté ainsi à une AG organisée un peu comme une remise des césars, une parole bien huilée, des échanges réglées et circonscrits, beaucoup de congratulations entre acteurs de l’équipe en place qui finalement auront naturellement servi l’un des candidats puisqu’il qu’il était à la fois trésorier dans l’équipe en place mais aussi candidat à la présidence.

Deux listes se présentaient donc :

– Celle d’Alain Carrière, « Ensemble Fédérons notre diversité » qui prônait la « continuité dans le changement » illustrée par du déclaratif et de bonnes intentions sur une nouvelle gouvernance mais tout en restant très vague dans son opérationnalisation.

– Celle de Claude Chemelle, « Cap24FFME Tous ensemble avec nos Territoires », qui portait un objectif de rupture et un rééquilibrage entre compétition et loisirs, entre escalade et autres activités de montagne avec des lignes tracées et des annonces concrètes pour une gouvernance plus à l’écoute et collaborative avec les territoires.

Nos convictions, notre vision du rôle de la fédération, le travail que nous effectuons au quotidien avec nos salariés, les réponses que nous ont faites les 2 listes aux questions écrites que nous leur avions adressées puis fait suivre aux clubs, les retours de nos clubs concernant ce vote futur nous ont amenés à soutenir sans hésitation la liste de Claude Chemelle « CAP 24 FFME ».

Les résultats* sont tombés et c’est la liste d’Alain Carrière qui l’a emporté. C’est une déception pour nous car nous avions mis beaucoup d’espoirs dans un vrai changement à la tête de la FFME avec une politique plus tournée vers le pratiquant « loisir » et le soutien renforcée à toutes nos autres activités de montagne. Nous étions également en attente d’une gouvernance beaucoup plus partagée en liaison avec les acteurs locaux que nous sommes. Les territoires ont tous leurs spécificités, beaucoup de collectivités ont compris l’intérêt de nos activités et s’en emparent en octroyant des financements et de la logistique. Il va de soi qu’une gouvernance fédérale centralisée et descendante n’est plus de notre époque et finalement sera reléguée à un bruit de fond si elle ne s’adapte pas à la réalité locale. Politiquement aussi, l’alternance est bénéfique à la démocratie, elle permet de se renouveler, de se réinventer, de bousculer les réseaux et l’entre soi. Malgré les discours de la nouvelle équipe qui laissent entrevoir des changements positifs, nous resterons vigilants à ce qui ne pourraient être qu’une façade et au final nous retrouver encore dans la même situation insatisfaisante sur de nombreux sujets qui nous tiennent à cœur, en étant peu entendus.

Nous sommes un comité territorial de la FFME, nous allons continuer à œuvrer pour soutenir la multi activité, défendre les sites de pratiques de pleine nature, en Escalade ou en Canyon, participer en liaison avec les collectivité et les autres partenaires aux évolutions nécessaires que la crise sanitaire à fait apparaître illustrées par l’afflux massif des pratiquants en site naturel et en montagne.

Nous resterons ouverts et prêt à collaborer avec la nouvelle équipe nationale. Nous sommes par conséquent dans l’attente de voir comment va se mettre en place le dialogue avec les territoires et comment vont être fédérées nos différences, nous attendons également une lisibilité sur la feuille de route et les grandes lignes politiques pour chacune de nos activité et quels en seront les pilotes au niveau national (élus et cadres techniques).

L’Isère et plus largement la région AURA sont incontournables pour notre fédération car elles regroupent toute la diversité de nos activités et des problématiques qui leurs sont associées, tout cela pour 25% des licenciés nationaux et des milliers d’autres qui nous rendent visite régulièrement pour pratiquer leur loisir. En matière de SNE un dispositif pilote se met en place avec le département et beaucoup d’autres départements sont intéressés et vont adopter ce modèle. Le national aura à apprendre de ces initiatives locales.

Alors si notre engagement pour les clubs, le pratiquant et notre loyauté pour la ffme restent intacts, nous resterons attentifs et critique envers la politique que la nouvelle équipe mettra en œuvre, ceci dans l’intérêt même de notre fédération et de nos licenciés et non à cause d’une déception électorale car ainsi va la démocratie et nous y adhérons.

Le fonctionnement de la présidence de Pierre You et ses choix politiques ne nous convenaient pas et ont conduit à un fort délitement du nombre de nos clubs et licenciés en Isère, l’annonce du déconventionnement des SNE étant un coup de grâce en adressant un très mauvais message aux pratiquants « loisir » qui se demandent maintenant à quoi ça sert d’être à la Fédé sur un département de montagne et de falaises où les belles SAE sont privées. L’équipe d’Alain Carrière devra donc nous étonner et être capable de rompre avec ce logiciel dépassé, toutefois certains indicateurs nous inquiètent comme par exemple la volonté de reconduire la même direction technique nationale. Notre vigilance pourrait rapidement se dégrader en défiance si rien ne bouge.

En matière de SNE notamment, les derniers actes de la présidence You
suscitent de nombreuses questions et inquiétudes, avec  par exemple encore aujourd’hui le maintien annoncé de l’objectif de déconventionnement pour fin 2022 alors même qu’une évolution très probable de la loi ne le justifiera plus vraiment et pourrait ainsi préserver des petits sites « fragiles » à enjeu local dont aucune collectivité ne voudrait prendre la garde et qui serait une catastrophe pour le club local.

Nous sommes également très curieux de savoir comment vont s’articuler les choix et les financements de la fondation « rock climber » pour des projets SNE avec la politique menée par les CT dans ce domaine en liaison avec les autres acteurs locaux, c’est un projet qui ouvrira sans doute des perspectives de financement à moyen terme mais qui pourrait conduire à des dysfonctionnements structurels entre le niveau des territoires et un décisionnel privé en dehors de la fédération et de ses instances démocratiques.

Enfin comment redonner l’envie au pratiquant d’activités de montagne ou d’escalade en loisir de revenir dans un club FFME ?

La gestion et l’entretien des falaises par la FFME favorisaient cela. Les grimpeurs appartenaient souvent à un club ffme pour participer à cet effort et à un club FFCAM pour les refuges entres autres. Depuis le déconventionnement, ce message ne passe plus et la reconquête va être difficile.

Nous sommes donc dans le «wait and see », pas bloqué, prêt à jouer le jeu mais notre patience sera limitée dans le temps et nous attendons rapidement des signes forts et convaincants qui vont dans le sens du sport pour tous, de la préservation de nos sites pour la pratique des différentes activités de montagne et d’escalade et d’un dialogue renforcé et attentif du national avec ses comités territoriaux.

Le Comité Directeur du CT38 FFME

*Les résultats de l’assemblée générale élective de la FFME-2021 :

https://www.ffme.fr/resultats-de-lassemblee-generale-elective-de-la-ffme-2021/

Formation Continue Cadre en Escalade

C’était le we dernier: 6 stagiaires venus des 4 coins du Département (voire au delà) ont pris part à la formation continue cadre ( = »recyclage ») organisée par le Comité. Ici les participants en pleine manips d’ « intervention/secours ». Merci à eux pour leur participation active ! Les échanges sur la sécu, la péda, les manips etc. ont ainsi été riches et fructueux.

Lettre d’un de nos Clubs en vue de l’AG du 20 Juin 2020

Nous publions ici l’argumentation et les propositions, reçues hier de la part d’un de nos Clubs isérois, par rapport au débat sur le déconventionnement des SNE, et à la préparation de l’AG du 20/06/2020. Cette lettre a été volontairement modifiée à la marge (en italique) afin de préserver l’anonymat de ce club.

« Lettre rédigée par le bureau du Club XXX, le 17 Juin 2020

Bonjour,

Comme de nombreux clubs FFME nous avons été stupéfaits par la décision du CA de la FFME d’engager le déconventionnement des sites d’escalade.

Notre Club repose sur une dynamique et une philosophie très attachée à l’escalade en milieu naturel et le bénévolat. (XX bénévoles et des équipeurs assidus ).

Nous avons immédiatement débattu au sein du Club pour analyser la décision du CA de la FFME et prendre la mesure de ses conséquences si elle était maintenue :

o Nous pensons que cette décision est en relation directe avec l’option prise par la FFME de classer l’escalade en couenne (« jusqu’au premier relais ») comme « non spécifique » càd aseptisé. (décret 31/01/2012). Décision elle même liée à une priorité affichée à la compétition (JO) et à l’escalade en SAE.
Juridiquement, elle place les « gardiens » des sites SNE dans le champ de la « responsabilité sans faute » et déresponsabilise totalement le pratiquant.

o Partant, les assureurs devaient tôt ou tard entrer dans la brèche juridique. C’est Vingrau qui a été l’occasion.

o Cette situation intenable à terme a occasionné la décision du CA de la FFME transmise le 22/04/2020 aux autres instances de la FFME que nous réprouvons pour plusieurs raisons :

  • La décision en plein confinement fait l’impasse sur la démocratie, car sur une question aussi cruciale, un débat large impliquant tous les adhérents est indispensable.
  • Plus particulièrement l’option retenue de l’augmentation minimale de la cotisation impliquant le déconventionnement des sites SNE est la plus mauvaise car elle tranche prématurément la question, alors qu’il restait une marge de temps pour le débat, évaluer les options, ( par rapport à une requalification-risque des SNE, à l’évolution de la loi, aux alternatives possibles)
  • Nous avons le sentiment que l’escalade en SNE est de moins en moins un repère pour les dirigeants de la FFME, dont la boussole est devenue au fil des années la compétition et le développement des SAE (dont nous ne contestons pas pour autant l’intérêt mais à garder à sa juste place).

o Par rapport à tout cela, nous pensons :

  • Qu’il est préférable dans l’immédiat d’opter pour l’augmentation de 10€ (en fait Un delta de 7€ par rapport aux 3€ décidés). L’argument comme quoi tous les adhérents ne pratiquent pas en SNE ne nous semble pas acceptable, car à l’inverse, tous les adhérents sont-ils intéressés par la compétition et les JO (qui mobilisent directement ou indirectement une grosse part de nos cotisations ) ?
  • Nous savons que cela ne résoudra pas à terme le pb de fond, mais cela nous laisse le temps d’une réflexion-action collective :
  • Pour organiser des actions les plus fortes possibles (centralisées et décentralisées) en direction des députés et institutions ayant influences pour faire modifier et adopter des textes de lois qui déchargent de la « responsabilité sans faute »
  • Revoir la qualification de l’escalade en SNE en « sport en milieu spécifique » sans préjudice de la poursuite de l’équipement et de l’entretien des SNE dans un souci de sécurité maximale (mais qui a forcément ses limites et doit laisser à un moment un espace de responsabilité du pratiquant devant les aléas du milieu naturel).
  • Réfléchir au conventionnement avec les collectivités territoriales en anticipant sur les potentielles difficultés juridiques des « contrats d’entretien » associés et les conditions dans lesquelles ces contrats seront réalisés (qui fait ? Quelles incidences financières ? etc…). Le prestataire de l’entretien, (éventuellement nous) se trouvera-t’il , tant que la loi reste ce qu’elle est, à répondre d’une obligation de résultat à savoir « zéro accident » ?
  • Les solutions (transitoires ou durables) devront être trouvées dans l’idée de ne pas se satisfaire de solutions « au cas par cas » en laissant hors jeu des sites et des clubs qui ne trouveraient pas de solution de conventionnement alternatif.
  • Dans l’objectif d’avoir un poids maximum, il serait bon de contacter toutes les autres fédérations concernées : FSGT, CAF, etc…

Nous avons bien noté les fluctuations au jour le jour des positionnements de la FFME qui après avoir exclu de revenir sur la décision du CA, décide d’insérer cette question dans le débat à l’AG du 20 juin en laissant à l’AG la possibilité de décider sur l’option de sur-cotisation (3 ou 10 €) et le déconventionnement pour finalement par la « résolution N°6 » ne plus laisser que la possibilité d’adopter ou non la cotisation associée au déconventionnement.

Nous soutenons pleinement la demande collective des CT du 16/06 de retirer cette résolution dont l’adoption serait lourde de conséquence et questionnerait fortement la démocratie au sein de notre fédération.

Nous avons noté aussi la programmation d’un colloque en octobre sur ces questions.

Nous comptons sur les représentants du CT38 à l’AG pour prendre en compte nos éléments d’analyse et nos propositions. (Qui rejoignent sur de nombreux points le positionnement du CT38)

Nous poursuivons le débat au sein de notre club. Celui-ci (qui regroupe actuellement près de X adhérents) repose totalement sur l’implication forte d’une XXXaine de bénévoles. Nous sommes fondamentalement attachés à l’escalade en site extérieur et engagés de longue date dans l’équipement et l’entretien d’un site naturel petit mais vaillant (site « Y »). Nous développons avec X bénévoles une activité en direction des jeunes. Pour autant, nous cogérons et développons avec la Communauté d’Agglomération une SAE dynamique .

En espérant un changement de positionnement de la Fédération voulu par le grand nombre de clubs et instances qui convergent dans ce sens en ce moment. Ce qui nous laisserait penser que nous avons encore une place dans cette fédération, nous vous souhaitons bon courage pour cette AG difficile et vous souhaitons bonne grimpe.

Le Bureau du Club XXX »

Déconventionnement, la réponse des acteurs de terrain aux articles publiés

Les comités territoriaux de la FFME qui sont les organes opérationnels de proximité pour assurer les missions de la FFME ne peuvent pas rester silencieux après les divers articles parus dans la presse spécialisée dont certains s’apparentent plus à un réquisitoire qu’à une enquête journalistique sur les questions de responsabilités, d’assurance, de pérennisation des sites naturels d’escalade et du projet de résiliation de l’ancien modèle de conventionnement. J’exprime ici en accord avec le CT38 une réponse. Je tiens à remercier les revues qui ouvrent leurs pages à cette lettre.

Alors oui, en privé, les auteurs de ces articles, des bons copains parfois, nous disent que ce n’est pas nous, acteurs de terrain, qui étions visés car on fait un « super boulot » dans nos départements mais c’est la fédération au niveau du national qui est incriminée.

Ouf ! Nous sommes réconfortés, on a craint que les plusieurs centaines de milliers d’heures passés bénévolement par nos licenciés, nos clubs, aux côtés de nos techniciens salariés à équiper des centaines de sites, gratter, purger des kilomètres de rocher, parlementer, négocier avec les propriétaires, rencontrer les élus, participer aux commissions, groupes de travail, à défendre, préserver, s’opposer aux différentes restrictions contre notre activité, à rechercher, développer des financements, à informer, former les pratiquants, à promouvoir l’escalade en site naturel dans nos territoires n’aient servi à rien et soient effacées des compteurs.

C’est bien cela le vrai bilan de la fédération pour les SNE. La politique fédérale en matière d’escalade repose sur les sites naturels, le développement des SAE et la compétition, les revues spécialisées ont ainsi du contenu à proposer à leurs lecteurs.

Ce « détail » semble avoir été oublié dans les différents articles ou réactions publiés récemment. D’ailleurs remarquons que ces revues se font échos, omettent les mêmes points tout en exacerbant d’autres arguments, on aurait aimé plus de nuances et de diversité dans le traitement du sujet par le milieu très grenoblois de la presse spécialisée.

Tout n’est pas faux dans ces publications, mais l’orientation univoque et le « bashing » outrancier posent question. Nous sommes donc confrontés à une tourmente. Nous craignons de voir notre sport amputé d’une partie de ses terrains de jeu, d’être privés ou limités d’escalade, les réactions s’embrasent, c’est compréhensible car tous les amoureux du rocher sont révoltés par cette menace de privation d’une liberté qu’est la pratique de l’escalade en site naturel.

Alors, il faut des responsables, des fautifs ! Les prophètes à posteriori ont le beau rôle, on recherche la solution providentielle et comme pour le covid 19, le catastrophisme médiatique est de mise. Tout cela est d’une inutilité incroyable et dessert encore plus notre loisir préféré.

C’est ici une réponse globale aux différents articles, nous allons essayer de faire court sans détailler de nouveau les faits connus, conserver un fond d’autocritique indispensable (à tous !) et ouvrir des perspectives.

Depuis l’affaire de Vingrau et globalement une judiciarisation progressive de l’accidentologie, les conventions historiques pour la gestion des sites ont montré le danger financier et juridique qu’elles représentent pour le gestionnaire associatif qu’est un club ou une fédération.

Ainsi depuis 2017, un autre modèle à été mis en place par la FFME, il repose sur une réalité très répandue en accord avec le droit français ; la collectivité garde la responsabilité de « la chose » et se couvre grâce à des contrôles et des contrats d’entretien lorsque cette garde s’accompagne d’un risque lié à une défaillance de l’équipement (exemple : panier de basket, routes…).

Depuis 2017, nous savons donc qu’il faut transformer les anciennes conventions et le national nous sollicite périodiquement. Déjà pour un certain nombre de sites anciens et tous les nouveaux, c’est chose faite, mais il en reste encore beaucoup et bien évidemment ce changement peut inquiéter le propriétaire public ou privé et faire naître des situations de blocage plus ou moins durables par endroit.

La lettre de Pierre You :

Il faut noter la grande maladresse de la communication dans un contexte sanitaire qui tend les personnes et les fait réagir vivement. Ce courrier a été ressenti comme un autoritarisme vertical et opportuniste, on en mesure les conséquences en termes d’image !

Quelques points à préciser : Cette décision du conseil d’administration aurait dû être validée en AG, ce qui n’était pas forcement acquis, un sujet aussi important méritait un véritable débat et non pas une décision pris à la va vite. J’affirme que ce n’est pas à une équipe sortante qui n’a pas su vraiment résoudre le problème et qui ne fait sans doute plus l’unanimité, de prendre une telle décision maintenant.

Ce sera la mission d’une nouvelle équipe présidentielle que de préserver nos sites. Elle pourra s’appuyer sur les comités territoriaux en travaillant plus collectivement.

Philippe Bugada suggère de lancer des états généraux pour les SNE en y associant tous les acteurs et partenaires, c’est une très bonne initiative qu’il faudra mettre en place.

Aujourd’hui, il nous reste du temps car l’assureur a laissé un délai (fin 2021) et nous avons demandé un moratoire jusqu’en 2022. Si nous savons qu’à moyen terme, en l’état actuel du mode de licenciation, la situation ne sera pas tenable avec ces conventions de 1ère génération, nous avons tout de même un certain répit pour réfléchir à tout cela.

Il y a des réalités incontournables que nous ne changerons pas dans un intervalle de temps réduit pour un sujet si « futile ». Tout d’abord, il y a le droit français autour de la propriété privée, de la responsabilité et de la réparation faite aux victimes, même quand le sénat pousse pour assouplir le principe de la « responsabilité sans faute », les députés bloquent. Ensuite, le modèle français de l’organisation du sport articulée autour des fédérations et pour lesquelles l’état délègue de plus en plus des missions qu’il assurait avant. Ce paysage réglementaire ne changera pas pour les beaux yeux de la grimpe.

Les 2 autres fédérations qui gèrent quelques sites (FFCAM et FSGT), font-elles mieux ? Elles font appel à leurs bénévoles, comme nous ! Espérons qu’elles ne soient jamais confrontées à des accidents du type de Vingrau ou plus graves encore.

L’exemple de « Greenspit » est montré par certains comme un modèle idéal, une solution providentielle qui permettrait d’échapper aux réalités qui nous torturent actuellement. C’est sans aucun doute un super club qui agit sur le terrain, communique efficacement auprès des grimpeurs et a développé de bons réseaux dans le milieu, personnellement, j’applaudis mais la portée reste très limitée. D’ailleurs, en quoi échapperait-il au droit et à la réglementation ? La Présidente engage-t-elle sa responsabilité en prenant la pleine garde de Mollans sur Ouvèze ou tout simplement en assurant au maire que la falaise sera bien entretenue ce qui est un contrat tacite d’entretien et donc le nouveau modèle préconisé par la FFME ?

Il y a 35 ans, nous avons créé l’escalade club de l’Isère. C’était à peu de choses près le même modèle, les mêmes intentions sauf qu’à l’époque nous prêchions dans le désert, nous n’avons pu gagner en efficacité qu’à l’intérieur de la FFE et FFM regroupées. Beaucoup d’actuels présidents départementaux des grands départements riches en sites naturels, figures charismatiques de la grimpe en SNE, ont développé de manière incroyable les falaises dans leur région, ils ont tracé le chemin sans arrogance mais avec détermination. Soyons réservés, ne nous emballons pas avec des choses qui fonctionnent ici ou là mais se heurteront ailleurs à des refus.

Site Sportif : milieu non spécifique !

C’est un choix qui avait suscité de vives réactions mais malheureusement a été adopté. Il reposait sur l’idée de rassurer et ainsi de rendre plus facile l’accès à nos falaises pour les scolaires et les jeunes des clubs avec un mode d’encadrement moins contraint. Bien qu’étant également professeur d’EPS et ayant amené quelques générations d’élèves grimper dehors, j’ai toujours considéré que c’était une erreur! Je n’ai jamais compris quelle analyse avait fournie la Direction Technique Nationale aux élus pour qu’ils aillent dans cette direction. Au regard des problèmes actuels et de la désertion progressive des scolaires du milieu naturel, nous devons faire marche arrière et sans doute limiter cet « environnement non spécifique » aux sites « découverte » dont les caractéristiques s’apparentent à du mur d’escalade. Il faudra en étudier la faisabilité et peut être ferrailler avec des intérêts qui ne sont pas les nôtres.

    Le rôle de la puissance publique :

    C’est le grand oubli des rédacteurs des divers articles, la FFME est accablée et vue comme la seule responsable de la situation actuelle. Au regard du nombre de pratiquants hors licenciés (plus de 1 million en SNE, soit 10 fois plus) les sites sportifs d’escalade sont de fait un bien commun, un équipement « outdoor » tout public qui devrait être pris en compte par les collectivités (communes, Communauté de commune, département, région) à travers la participation au financement, la garde légale du site, voire l’acquisition foncière à des privés. Certaines le font (département de l’Isère entre autres), des maillages se mettent en place entre elles et d’autres s’en sont dégagées totalement et ce malgré l’obligation légale faite aux départements de gérer un PDESI.

    Les médias auraient été en droit de souligner ces défaillances, voire montrer du doigt les mauvais élèves, les politiques sont attentifs à leur image. Mais pour cela, il aurait fallu faire un vrai travail d’investigation auprès des collectivités.

    Pour autant, une implication accrue des collectivités ne doit pas dédouaner le grimpeur de participer à cette couverture assurantielle et au financement des sites. Beaucoup n’hésitent pas à payer 400€ pour un abonnement en salle.

    La professionnalisation de l’équipement :

    Lorsqu’un comité signe un contrat d’entretien avec une collectivité, son président doit s’assurer que les interventions sont réalisées en respectant les règles de l’art. A ce titre « professionnalisation » signifie avant tout montée en compétences des équipeurs. Pour une très grande majorité de falaises l’entretien est réalisé par des équipeurs bénévoles, des clubs. Il est fait appel à des professionnels pour les cas où nous n’avons pas les ressources en interne, ça concerne des sites « utiles » mais ingrats et sans retours glorieux, bref le genre de falaises qui ne figurent jamais dans les canards !

    Ce fonctionnement général permet une puissance d’action importante pour des coûts de réalisation très raisonnables incomparablement inférieurs à ceux d’entreprises privées.

    Nous défendons également âprement l’idée qu’ouvrir une voie en site naturel est un geste sportif au même titre que de grimper et fait partie de l’essence même de l’activité. L’ouverture industrielle serait un appauvrissement.

    Pour toutes ces raisons, les CT FFME, qui gèrent des sites dans leur territoire veulent en garder la maîtrise : création, ouverture et entretien. Affirmer le contraire est un mensonge !

    L’accès aux falaises :

    Deux questions sont restées sans réponse, la présidence de Pierre You a botté en touche, mais a-t-elle été vraiment aidée par son équipe ?

    Les SNE en libre service ? Tous les « non licenciés » accèdent librement aux falaises gérées par la FFME qui sera redevable en cas d’accident (les cas récents entre autres). Plus d’un million de grimpeurs en SNE pour 100000 licenciés qui doivent en supporter le risque. Un gestionnaire peut tout à fait réglementer l’accès s’il le juge souhaitable, c’est également le moyen de faire évoluer les mentalités chez les pratiquants et les politiques.

    Certains diront « c’est sa mission », il est interdit d’interdire ! Sûrement et dans l’absolu je souscris, mais à condition que la puissance publique tienne son rôle et assume ses responsabilités à minima !

    Alors on parle de licence «coca cola» des falaises, sorte d’idée « novatrice » qui permettrait de partager le risque entre tous les utilisateurs

    C’est toujours difficile de défendre des valeurs et de laisser les marchands entrer dans le temple. Malheureusement notre activité n’attire pas encore les mécènes. S’il faut bien des sponsors, ils doivent rester à leur place. Les entreprises qui voudraient s’investir, pourraient rembourser une part directement au pratiquant mais de là à conceptualiser une licence, il y a un pas !

    Ce type de licence reposerait donc sur la bonne volonté à l’acheter (rappelons la proportion actuelle 1 licencié pour 10 falaisistes). La FFME avec son concept de « RockClimber » explore cette direction mais se heurte pour l’instant à l’indifférence des pratiquants extérieurs.

    Alors la rendre obligatoire ? C’est un autre scénario, il faudrait surement une volonté du ministère et une proposition de loi mais qui concernerait sans doute un peu toutes les activités de pleine nature dites à risque sans parler des contrôles pour la faire respecter ! Usine à gaz…

    L’idée des états généraux prendrait ici toute sa valeur. Cette grande réflexion collective permettrait de mieux associer et préciser l’engagement des maires, des départements, du ministère et d’en déduire  les tickets d’accès possibles pour le pratiquant: licence fédérale (FFME, FFCAM, FSGT…), vignette, assurance… ou accès gratuit ! Un beau chantier au sens noble !

    La seconde question est celle de l’accès aux falaises sans conditions à des grimpeurs novices et incompétents en termes de sécurité, risquant de mettre en danger eux-mêmes voire les autres.

    Certains ont soumis l’idée d’un permis d’escalade. Ce point à été balayé par le national ! Pourquoi ?

    Notre conception de la liberté doit elle nous faire se réjouir quand on voit par exemple un papa au taquet assuré par son gamin trois fois plus léger ? Vaste débat !

    Peut être faudrait-il encourager en interne les grimpeurs licenciés, qui pratiquent en individuel, à valider les quelques compétences nécessaires à la sécurité en site sportif. Cette sorte d’attestation simple et peu contraignante à obtenir, pourrait faire l’objet d’une vérification sur le terrain ou d’une validation d’acquis et établie par un président de club, un professionnel, un cadre fédéral en activité (initiateur SNE). Cette recommandation « appuyée » outre son intérêt direct pour éviter les accidents ferait tâche d’huile et inviterait tout pratiquant à maîtriser sa sécurité en site sportif. Qui peut souhaiter le contraire ? Cela rapprocherait les pratiquants des clubs de la FFME ou d’autres fédérations, d’élargir la base des licenciés et finalement de partager le risque. Ajoutons qu’un front commun des trois fédérations autour de cette question serait le bienvenu même si la FFME gère la très grande majorité des sites.

    Il y a sans doute d’autres pistes, des meilleures peut être, des pires sans doute, ne doutons pas que la réflexion collective et le temps suffisant les fassent émerger.

    En attendant, calmons le jeu, soyons honnêtes dans les critiques et faisons, chacun de nous tous, correctement notre job !

    Cette turbulence aura permis aux comités territoriaux de se rapprocher et de constater qu’ils partagent les mêmes valeurs, c’est une force qui se met en route, pour cela croyons en des jours meilleurs

    Claude Vigier, FFME Isère, guide et équipeur encore en activité, pour la rédaction

    Co signataires (à noter que dans le laps de temps imparti, nous n’avons pu contacter tous les CT, nous leur présentons nos excuses)

    • Denis Hodoul président du CT01
    • Thibault Billard président du CT03
    • Patrice Garnier président du CT04
    • Natalie Fourbet présidente du CT05
    • Jean Luc Belliard président du CT06
    • Claire Euvrard, présidente CT 07
    • Vincent Besson, président du CT 12 et 48
    • Jean Claude Grand président du CT13
    • Patrick Violet président du CT21
    • Cyril Gilbert président du CT22
    • Jean François Valen président du CT24
    • Stéphan Paillard, président du CT 25
    • Pierre Legreneur président du CT26
    • Paul Jacquin président du CT29
    • Françoise RAULT-DOUMAX Présidente du CT 30
    • Patrick Doumas, président CT34
    • Bruno Roux président du CT38
    • Stéphane Grignan président du CT39
    • Jean Luc Rigaux président du CT42/43
    • Pascal Serra président du CT63
    • Corinne Soudan, présidente CT 69
    • Fabien Andrieu président du CT66
    • Pascal BRUM, président CT67
    • Yann Cardin, président CT 71
    • Fred Juarez, président CT 73
    • Xavier Ossola président du CT81
    • Alain Righi président du CT83
    • Pierre Duret président du CT84