L’équipe Jeunes Escalade recrute!

Lancée en septembre 2019, l’équipe jeunes escalade a pour vocation de fédérer les jeunes grimpeurs isérois et de leur faire découvrir la richesse de l’activité.

Afin d’ élargir leur pratique de l’escalade, plusieurs stages en falaise sont planifiés ainsi qu’une initiation à la grande voie et à la cascade de glace.

Réservé aux catégories suivantes:

  • U16 (ex-Minimes) : 14 et 15 ans (2006 – 2007)
  • U18 (ex-Cadet(tte)s) : 16 et 17 ans (2004 – 2005)

Niveau requis 6b à vue en SAE.

Il est nécessaire d’avoir une licence FFME en cours pour l’année 2020-2021.

Pour intégrer l’équipe, merci de nous faire parvenir avant le 25 septembre 2020 un CV escalade mentionnant vos performances et expériences en falaise ainsi qu’une lettre de motivation.

Programme prévisionnel 2020-2021:

  • 11 Octobre : Performance falaise
  • 14 Novembre : Performance falaise
  • 23 Janvier : Découverte cascade de glace
  • 27 Mars : Performance bloc
  • 8 Mai : Découverte grande voie
  • 20 Juin : Perfectionnement grande voie
  • 26 Juin : Découverte course d’arête

Un stage de fin d’année vous sera également proposé. Il sera facultatif et la cotisation pour ce stage sera indépendante.

En cas d’intempéries des solutions de repli ou des dates de report seront proposées. Prévoir l’entrée dans une salle privée le cas échéant.

TARIF : 280€ PAR PERSONNE

Ce tarif comprend la participation à tous les stages proposés. Les frais de transport restent à la charge des parents.

Attention le nombre de places est limité et les inscriptions sont groupées en début de saison. Les règlements seront demandés à l’inscription. Remboursements possibles seulement pour raison médicale.

Inscriptions et renseignements : Lise Poyol : 06 63 39 54 46 – l.poyol@ct38.ffme.fr

Compte-rendu du stage à la Bérarde

Deux comptes rendus pour ce stage de 4 jours à la Bérarde:

Le premier par Malo:

25 Août – Premier jour à la Bérarde : Une fois tous bien arrivés au parking, accompagnés des meilleurs guides : Cédric et Ludovic, nous partons le long du torrent des Etançons. A la falaise du « Torrent », les deux guides nous font réviser les manips de grande voie et de rappel. Quand tout est clair pour chacun, nous pratiquons les manips révisées précédemment. Puis, nous grimpons pour le plaisir ; et nous installons des coinceurs et « friends » comme entrainement avant la Dibona.

 En fin d’après-midi, dès que l’équipe est prête, nous descendons nous installer au camping. Après une bonne douche et l’installation du camp, nous avons mangé des pates aux aubergines cuisinées par Elouan et Thibault, un vrai régal !. Puis les uns-après les autres nous nous couchons car une dure journée nous attend le lendemain.

26 Août – La montée au refuge du Soreiller : Grasse matinée jusqu’à  6 h 30 et une belle journée s’annonce.  Après plusieurs voyages jusqu’au parking des Etages, nous partons avec sacs-à-dos et corde sur les épaules pour le refuge du Soreiller perché du haut de ses 2700 mètres d’altitude. La montée au frais est agréable mais physique. Nous atteignons notre objectif dans les temps, à 11 h. Avec une magnifique vue nous mangeons notre pique-nique avant de mettre en œuvre les connaissances acquises la veille. Divisés en trois groupes, chacun avec un guide, nous partons grimper des voies de 3 à 5 longueurs. Les plus à l’aise étaient avec Cédric, et les autres divisés entre Lise et Ludo. Après 2 h, nous atteignons le sommet de nos voies respectives et terminons notre voie par un rappel de 30 m pour rejoindre le chemin qui nous ramène au refuge à travers les pierriers.

Dès que nous nous retrouvons au refuge, nous nous sommes mis à jouer aux cartes en attendant le rendez-vous avec les encadrants, une fois que nous nous sommes concertés sur notre objectif du lendemain : le sommet de la Dibona ; le diner est servi. Au menu il y avait :

  • Du fromage
  • Une soupe de lentilles
  • Du couscous et du pot-au-feu
  • Et de la crème au caramel au dessert.

Après s’être régalés, nous sommes montés dans nos dortoirs et nous nous sommes endormis le plus tôt possible. Ce ne fût pas très dur !

27 Août – L’ascension de la Dibona : Dès que le petit-déjeuner est pris, tout le monde part du refuge pour sa voie respective. On ne change pas une équipe qui gagne, les groupes sont quasi identitiques à ceux de la veille et on commence la marche d’approche. Au bout de ¾ h de marche toutes les cordées atteignent leur voie, et on se met à grimper. Le soleil nous réchauffe vite et nous enchainons les longueurs. Les deux voies les plus faciles sont composées de 5 longueurs et la dernière d’une dizaine de longueurs. Les points étant espacés, nous installons des coinceurs et friends pour atteindre notre objectif. Un seul groupe est monté au sommet de la Dibona, les autres ont préféré profiter et admirer un paysage à coupe le souffle.   Quand les 3 groupes se rejoignent, on commence la descente au refuge car en montagne, on se doit de respecter les horaires pour ne pas redescendre à la nuit… A travers les pierriers et névé, les chutes sont nombreuses !!! Une fois arrivés au refuge, après une petite pause et en moins de temps qu’il ne fallait pour le dire, l’équipe était déjà en bas.

Arrivés au camping, la douche s’impose et les cuistots se mettent aux fourneaux sans attendre. Au menu : du riz aux aubergines, melon, et soupe.  Puis la presque routine du soir recommence : au lit dès que la toilette et la vaisselle sont faites.

28 Août – La dernière grande voie : Pour terminer le stage en beauté, le réveil sonne une ultime fois à l‘aube pour avoir le temps de plier nos tentes, déjeuner et arrivée pas trop tard à la Grande Rochaille. Quand tout le monde est prêt, nous nous retrouvons au parking principal de la Bérarde. Après une ½ h de mache et 400 mètres de dénivelé, nous arrivons au site. Toujours divisés en 3 groupes, on se rejoint en haut des voies après 3-4 longueurs dans du 4, puis, les guides nous installent un rappel de 50 m dans la gorge principale. La pluie qui menace, nous booste et quand toute l’équipe arrive en bas, les premières gouttes tombent et on coure  pour s’abriter à la Bérarde.

Une fois en bas, nous terminons les restes de nourriture et faisons nos adieux car c’est déjà la fin !!! Mais déjà tout le monde attend les prochaines sélections pour se retrouver et repartir découvrir de nouveaux magnifiques sites de notre région !

Un grand merci à Lise et à nos deux guides : Ludovic et Cédric.

On a qu’une hâte …c’est que ça recommence !

Et le second par Philomène:

C’est le jour J !

Après environ une heure et demie de route nous arrivons à la Berarde où nous rejoignons tous les membres du stage ainsi que les deux guides Cédric et Ludovic. Thibaud et Élouan, arrivés la veille de manière coomplètement autonome, se joignent au groupe.

Après avoir rapidement préparé nos sacs à dos, nous nous engageons dans une courte marche d’approche en montée. Nous arrivons sur une pente herbeuse entourée de quelques arbres où nous tirerons des relais d’entraînement. Nous révisons les manips de grande voie et de rappel.

Ensuite, nous formons des cordées pour faire de courtes grandes voies et mettre à profit les manips que nous venons de revoir. Il fait chaud et nous entendons le torrent couler en bas des voies. En fin d’après-midi, nous rangeons les affaires et nous dirigeons vers le camping. Pour y accéder, nous longeons le torrent (super joli).

Arrivés au camping, après nous être installés et lavés, Élouan et Thibaud préparent une sauce tomate aux courgettes pour accompagner les pates. Le soir, les guides nous annoncent le programme du lendemain, autrement dit les TROIS HEURES de montées pour accéder au refuge des Soreillers.

Jour 2

Le réveil est dur, beaucoup d’entres nous ont eu froid la nuit, sans compter qu’il ne fait pas chaud à sept heure o-o

Les sacs étant pour la plupart déjà prêts la veille, nous sommes tous prêts à l’heure. Nous commençons donc la montée. Rapidement, un groupe se détache. Nous faisons une première pause où Ludovic nous rappelle les dangers présents en montagne. Nous échangeons également les cordes. Nous repartons. La marche est plus agréable, nous profitons de quelques moments de descente près du torrent. Il fait moins chaud, notre marche est dynamique. Enfin, nous apercevons au loin le refuge. Joie et soulagement nous traversent, nous imaginons arriver dans les vingt minutes qui suivent. S’ensuivent alors d’interminables lacets… En effet, 500m nous séparaient du refuge. Cette dernière étape est dure, nous gardons le rythme même si la fin paraît impossible. Une heure plus tard, nous voici enfin arrivé. Nous mangeons et nous préparons pour les grandes voies de l’après-midi.

Nous formons des groupes, Lise, Jade et Maelle partent dans une voie en 4 ; Ludovic, Malo, Éloise, moi, Aliénor et Mathilde faisons une voie dans le 5. Quant à Cédric, Élouan, Thibaud, Titouan et Héloise, leur voie va jusqu’au 6. Tout se passe bien et nous finissons en rappel.

Après cette grande voie, nous revenons fatigués au refuge. Pendant que certains jouent au kem’s, au tarrot… Cédric, Ludo et Lise discutent des cordées du lendemain. Ils nous réunissent pour nous présenter leurs choix. Éloise ira avec le groupe de Lise, je grimperais avec Malo en réversible. Les autres cordées resteront les même. Le but est d’aller au sommet de la Dibona. Nous nous couchons de bonne heure dans le dortoir. Nous sommes cependant très vite réveillé par les agréables ronflements d’une Héloise dans le déni qui nous affirme être parfaitement réveillée.

Jour 3

Le réveil est un peu avant  six heures. Il fait froid et il n’y a pas de lumières au refuge. Il ne faut pas perdre de temps, le départ est à 6h45. Encore une fois tout le monde est à l’heure. Nous entamons donc la marche d’approche. Au bout d’une vingtaine de minutes le groupe de Cédric nous laisse pour commencer leur grande voie en douze longueurs.

Après une marche bancale sur les cailloux, nous arrivons au pied des grandes voies. Ludovic part à la recherche de la première longueur pendant que l’équipe de Lise se prépare à partir. Nous nous refroidissons (beaucoup) mais Ludovic ne voit toujours pas de départ. La première longueur est en fait recouverte par un névé. Ludo le contourne dangereusement en passant par dessus. Il tire ensuite un relais et nous tracte d’en haut. La cordée de Lise prend un malin plaisir à nous voir escalader cette pente glissante. Je me tire plutôt vite mais entends Malo glisser à plusieurs reprises derrière moi, ce qui fait bien rire Maelle.

Notre grande voie ainsi que celle que fait Lise sont plutôt sauvages, il y a peu de points. A un moment donné, un hélicoptère passe, nous nous demandons s’il n’est pas arrivé quelque chose aux autres cordées.

Arrivés au sommet, nous constatons que nous manquons de temps pour aller sur la Dibona, nous avons néanmoins une excellente vue. Après le rappel, nous retrouvons Lise et son groupe, arrivés depuis deux heures. Quant au groupe de Cédric, ils nous racontent que leur voie s’est très bien passée. Il est passé midi et il faut déjà redescendre au refuge. De là, nous entamons la descente. Nous sommes naturellement plus rapide qu’à la montée.

Nous rejoignons le camping, prenons une douche chaude, faisons des étirements… C’est très agréable d’être posé. Le soir, nous mangeons du riz avec de la sauce aux aubergines ainsi que de la soupe, du fromage, du jambon. Le lendemain, il pleuvra. Nous devrons donc nous lever tôt pour profiter de l’éventuel beau temps.

Jour 4

Le ciel est dégagé, il est environ six heures, nous plions les tentes, préparons les sacs, chargeons la voiture et réussissons l’exploit d’être de nouveau à l’heure.

La marche d’approche aux grandes voies est en montée (plutôt raide d’ailleurs). Les grandes voies se passent très bien, nous ne prenons pas la pluie. Le niveau a beau n’être pas très élevé, les voies sont très jolies. Nous finissons en rappel et nous pressons de redescendre car il commence à pleuvoir.

Après avoir mangé, nous attendons le père d’Éloise et nous occupons en faisant des noeuds, tout un art.

En conclusion, ce fut un très bon stage qui nous en a beaucoup appris sur la grande voie et la montagne.

Rééquipements autour de la Bérarde et Bourg d’Oisans

Quelques infos de première main (fournies par Hervé Galley, merci à lui) sur quelques rééquipements récents autour de la Bérarde et Bourg d’Oisans.
Un grand merci aux équipeurs (bénévoles). Et l’été n’étant pas encore fini, bonne grimpe !

Rééquipements Oisans 2020 (Bérarde et Bourg d’Oisans)

Plusieurs grandes voies de moyenne montagne autour de la Bérarde ou de Bourg d’Oisans ont été rééquipées en inox au printemps-été 2020 sous l’égide de la FFME Isère, avec l’accord du Parc National des Ecrins pour les itinéraires situés dans le Parc.

Pilier du Paravalanche, voie Para Facile. Complètement rééquipée en goujons inox. Plaquettes inox Fixe pour la distinguer des deux itinéraires voisins croisés (les sections communes avec ceux-ci sont également dotées de plaquettes inox Fixe). Plusieurs longueurs ont été fractionnées à 25m maxi pour réduire le tirage.

Pilier du Paravalanche, combinaison Paravalanche-Paravent. Complètement rééquipée en goujons inox. Plaquettes inox Fixe pour Paravalanche (14 dégaines pour L2 de 35m, 6a). Plaquettes inox Petzl pour Paravent dans ses trois longueurs non communes avec Para Facile dans le deuxième ressaut (Paravent non rééquipée dans le premier ressaut).

Pilier du Paravalanche, voie Crosses en l’Air. Complètement rééquipée en goujons inox (plaquettes inox Petzl ancien modèle) dans le deuxième ressaut. Non rééquipée dans le premier ressaut.

Pilier du Paravalanche, voie Parapet Velu. Complètement rééquipée en goujons inox (plaquettes inox Fixe, 15 dégaines pour L2) dans le premier ressaut. Non rééquipée dans le deuxième ressaut.

Pilier du Paravalanche, descente à pied depuis le haut du deuxième ressaut. Par la vire horizontale à gauche (ouest) vers le sentier du Clot du Ser et Champhorent. Sente améliorée par piochage, et en partie sécurisée par plusieurs goujons inox dans les courtes sections exposées au début de la vire. Plus rapide que les rappels.

Tête de la Maye, voie Ni Po Ni Maye. Moitié supérieure (au-dessus de la vire médiane) complètement rééquipée en goujons inox (plaquettes inox Fixe). Peut se combiner avec L1-L3 de Gay Pied pour un enchaînement homogène en 5b/5b+ max.

Tête de la Maye, voie Gay Pied. Complètement rééquipée en goujons inox (14 dégaines pour L1, plus difficile que la suite). Plaquettes inox Petzl pour L1 à L3, Fixe inox ensuite. Rappels possibles dans les trois premières longueurs (corde 2x45m) pour s’échapper de la vire médiane.

Grande Rochaille, pilier de la Gorge. Emplacement des relais un peu réajusté pour obtenir 6 longueurs de 25m maxi. Retraite possible en rappels dans la voie. Le cheminement à droite depuis R6 du pilier de la Gorge vers le sommet de la voie des Pins et ses 3 rappels (ou le rappel de la gorge) a été en partie sécurisé par plusieurs goujons inox.

Dalles de l’Encoula, voie Pourquoi Pas. Complètement rééquipée en goujons inox (plaquettes inox Petzl, 14 dégaines pour L4 de 35m, 6a). Emplacements des relais et des rappels inchangés.

Rochers d’Armentier, le Pissat. Voie complètement rééquipée en goujons inox (plaquettes inox CT) moins éloignés qu’auparavant. Trois relais intermédiaires ont été installés, il est conseillé de ne pas les sauter à la montée. Emplacements des rappels inchangés (50m pour le dernier). Court ressaut final plutôt 6a que 5c (passe aussi en Ao) mais facultatif (rappel possible juste avant, depuis un nouveau relais intermédiaire). Accès: se garer au bord de la D1091 (aire) en face de l’impasse du Seignet, suivre à pied celle-ci sur 200m et juste après la traversée du ruisseau longer à droite le bord du champ en direction de la falaise.

Les points inox utilisés ont été fournis par deux établissements de la Bérarde (chalet-hôtel-restaurant Le Champ de Pin et centre alpin du CAB Le Chamois), par le CT38 FFME, et par les équipeurs (L.Desrivières, H.Galley, P.Huss, P. Pauillac).

Équipe Jeunes Escalade – Compte Rendu des sorties Grande Voie et Bloc

Les 16 et 17 juillets 2020, l’équipe jeune est repartie pour deux nouvelles sorties, à Presles, dans le Vercors un secteur réputé pour ses nombreuses grandes voies, et le lendemain à Rioupéroux dans l’Oisans, où toute la commune de Livet-et-Gavet est parsemée de bloc que l’on peut grimper.

Ainsi, le jeudi, c’est tôt le matin que chacun se lève pour arriver à 9 heure à Presles où certains commencent à nouveau à se réveiller, le voyage ayant été plutôt silencieux.

C’est devant le gîte Entre Ciel et Pierre, que le groupe se rassemble et rencontre Bernard Gravier, guide de haute montagne et propriétaire du gîte qui accompagne la sortie pour la journée. Après un jus d’orange ou un café gentiment proposé par Bernard, Sébastien Prat fait un point sur la pose du relais en grande voie, afin de l’expliquer à ceux qui n’en ont jamais entendu parler, et de raviver les souvenirs de ceux qui l’ont déjà fait, car des précautions comme la longe molle (deuxième longe que l’on fait avec la corde, qui contrairement à la vache n’est pas tendue pour ne pas être sectionnée en cas de chute de pierre) n’étaient pas forcément connues.

Bernard donne quelques conseils supplémentaires et ne manque pas de conseiller de passer sur sa chaîne YouTube (qui porte le nom du gîte) sur laquelle il explique les manips de grandes voies avec précision (il promet d’ailleurs une nouvelle vidéo en septembre, spécifique à la pose du relais). Il insiste également sur le fait que le sac doit être le plus léger possible afin de ne pas gêné dans l’ascension. Puis chacun s’entraîne sur les points d’encrage que l’on trouve un peu partout sur le mur de gîte et de la grange. Après un point sur le matériel, et une fois les groupes confectionnés, ceux-ci partent chacun de leur côté pour aller au pied des voies.

Lise et Éloise vont dans Cosmos, la voie la plus difficile en terme de cotation, car elle comporte une longueur en 6b, mais pourtant, ce sont les premières rentrées, sûrement car il n’y a qu’une cordée, ce qui leur permet de finir leur repas au gîte. Elles sont bientôt rejoints par le deuxième groupe.

Mathilde, Jade et Elouan partent avec Sébastien, et ils vont dans Gazogum. Une voie particulièrement aérienne qui porte bien son nom et se caractérise par une grande traversée sur la droite tout du long … et au dessus du vide. Le vent ne les a pas trop embêté dans l’ensemble, sauf peut-être sur la dernière longueur, mais surtout, la vue était magnifique.

Avec Bernard, on trouve donc Philomène, Malo et Titouan qui font les cinq dernières longueurs de Désirée, après un rappel magnifique (et un topo du guide sur la descente en rappel, bien entendu). La voie est assez sympathique en particulier la longueur en 6a tout en dülfer, ainsi que la dernière longueur dans une jolie cheminée. La distance entre les deux derniers relais et la configuration du rocher empêche le grimpeur et son assureur de s’entendre ce qui permet un point sur la communication non verbale (également présentée sur la chaîne YouTube).

Après l’arrivée du troisième groupe au gîte, alors que certains finissent de manger, Bernard présente sa jolie salle de bloc dans sa grange, salle on ne peut plus raisonnable en terme de taille, et propose une jolie traversée qu’ Élouan reprend depuis le début après l’avoir enchaînée. Il semblerait qu’il ne s’épuise jamais…

Puis, vient l’heure de repartir, et tout le monde se dit à demain pour la sortie de bloc.

Ainsi, le lendemain matin, tout le monde se lève (mais un peu plus tard, heureusement) pour se rendre à Rioupéroux, une voiture conduite par Lise, et l’autre par un autre Sébastien (Boussogne) qui n’est pas le même que la veille (Sébastien a du être un prénom prisé autrefois).

Après l’arrêt des deux voitures, chacun prend un crash pad (il y en a 7, autant que de jeunes : ça tombe bien… pour les adultes en tout cas), et l’on se rend sur un premier rocher qui permet à tous de s’échauffer, même si l’un des blocs semblait bien lisse à première vue.

Puis, on marche jusqu’à un second rocher, qui ne devait pas avoir été grimpé depuis plusieurs années, pour le grand bonheur d’ Élouan qui entreprend d’enlever la mousse. Un joli run and jump plus tard, un autre bloc est dégagé, avec un éventuel départ assis qui donne du fil à retordre aux plus motivés.

Alors que l’on commence à manger, Élouan passe une bonne vingtaine de minutes à dégager un troisième bloc, après avoir empilé les crash pads les uns sur les autres afin d’être assez haut pour brosser les prises (l’aide de Philomène est d’ailleurs demandée pour gagner quelques centimètres).

Puis, l’on change de secteur pour aller un peu plus loin dans la vallée, cette fois en forêt ce qui aura l’avantage de protéger du soleil (même si celui tape moins qu’on le craignait).

Il y a ici beaucoup de blocs, ce qui permet d’en tester beaucoup, même si certains (voir tous sauf Élouan) commencent à fatiguer, ce qui permet d’ailleurs à Éloïse d’endosser le rôle de photographe pendant une heure… jusqu’à ce que l’appareil n’ait plus de batterie pour sa plus grande déception.

Tandis que Sébastien sort des blocs en 7, certains font des performances plus modestes le grand nombre de rochers permettant beaucoup de choix. Jade et Mathilde trouvent d’ailleurs un peu plus loin une jolie clairière dans laquelle une grande partie du groupe finira la séance, en grimpant ou en dissertant sur la dyslexie tandis que Malo, Philomène et Éloïse se sont trouvé un projet un peu plus loin : un bloc que Philomène sortira d’ailleurs sur son dernier essai avant de partir.

En somme, se furent deux journées particulièrement sympathiques qui ont plu à tout le monde, vivement le séjour à la fin du mois d’Août pour continuer cette aventure.

Titouan.

Équipe Jeunes Escalade à la Taupinière

Ce matin, 10 heures, nous nous retrouvons sur le parking de l’usine hydroélectrique de Bouvante pour notre sortie.  Quentin Chastagnier, notre accompagnateur du jour nous y rejoint avec sa chienne Paulette. Nous longeons le ruisseau pour arriver sur le site d’escalade de la Taupinière. Le soleil est au rendez-vous, heureusement le site est ombragé. Les binômes de grimpe se forment rapidement et, au bout de quelques minutes nous sommes sur la paroi pour réaliser des voies d’échauffement. La falaise est magnifique, les lignes de grimpe sont très bien équipées et récentes. 

 Les heures passent et nous commençons à travailler notre projet. Les cotations de nos objectifs sont très différentes (entre 6C et 7C) car nous n’avons pas tous le même niveau. Lise et Quentin nous donnent de précieux conseils. Nous sommes tous motivés et nous nous entraidons au maximum. Quelques projets seront enchaînés… d’autres non !!!

Au final chacun d’entre nous repart avec le sourire et fier de sa journée de grimpe !!!

 Vivement la prochaine sortie !!!!

Eloïse

Lettre d’un de nos Clubs en vue de l’AG du 20 Juin 2020

Nous publions ici l’argumentation et les propositions, reçues hier de la part d’un de nos Clubs isérois, par rapport au débat sur le déconventionnement des SNE, et à la préparation de l’AG du 20/06/2020. Cette lettre a été volontairement modifiée à la marge (en italique) afin de préserver l’anonymat de ce club.

« Lettre rédigée par le bureau du Club XXX, le 17 Juin 2020

Bonjour,

Comme de nombreux clubs FFME nous avons été stupéfaits par la décision du CA de la FFME d’engager le déconventionnement des sites d’escalade.

Notre Club repose sur une dynamique et une philosophie très attachée à l’escalade en milieu naturel et le bénévolat. (XX bénévoles et des équipeurs assidus ).

Nous avons immédiatement débattu au sein du Club pour analyser la décision du CA de la FFME et prendre la mesure de ses conséquences si elle était maintenue :

o Nous pensons que cette décision est en relation directe avec l’option prise par la FFME de classer l’escalade en couenne (« jusqu’au premier relais ») comme « non spécifique » càd aseptisé. (décret 31/01/2012). Décision elle même liée à une priorité affichée à la compétition (JO) et à l’escalade en SAE.
Juridiquement, elle place les « gardiens » des sites SNE dans le champ de la « responsabilité sans faute » et déresponsabilise totalement le pratiquant.

o Partant, les assureurs devaient tôt ou tard entrer dans la brèche juridique. C’est Vingrau qui a été l’occasion.

o Cette situation intenable à terme a occasionné la décision du CA de la FFME transmise le 22/04/2020 aux autres instances de la FFME que nous réprouvons pour plusieurs raisons :

  • La décision en plein confinement fait l’impasse sur la démocratie, car sur une question aussi cruciale, un débat large impliquant tous les adhérents est indispensable.
  • Plus particulièrement l’option retenue de l’augmentation minimale de la cotisation impliquant le déconventionnement des sites SNE est la plus mauvaise car elle tranche prématurément la question, alors qu’il restait une marge de temps pour le débat, évaluer les options, ( par rapport à une requalification-risque des SNE, à l’évolution de la loi, aux alternatives possibles)
  • Nous avons le sentiment que l’escalade en SNE est de moins en moins un repère pour les dirigeants de la FFME, dont la boussole est devenue au fil des années la compétition et le développement des SAE (dont nous ne contestons pas pour autant l’intérêt mais à garder à sa juste place).

o Par rapport à tout cela, nous pensons :

  • Qu’il est préférable dans l’immédiat d’opter pour l’augmentation de 10€ (en fait Un delta de 7€ par rapport aux 3€ décidés). L’argument comme quoi tous les adhérents ne pratiquent pas en SNE ne nous semble pas acceptable, car à l’inverse, tous les adhérents sont-ils intéressés par la compétition et les JO (qui mobilisent directement ou indirectement une grosse part de nos cotisations ) ?
  • Nous savons que cela ne résoudra pas à terme le pb de fond, mais cela nous laisse le temps d’une réflexion-action collective :
  • Pour organiser des actions les plus fortes possibles (centralisées et décentralisées) en direction des députés et institutions ayant influences pour faire modifier et adopter des textes de lois qui déchargent de la « responsabilité sans faute »
  • Revoir la qualification de l’escalade en SNE en « sport en milieu spécifique » sans préjudice de la poursuite de l’équipement et de l’entretien des SNE dans un souci de sécurité maximale (mais qui a forcément ses limites et doit laisser à un moment un espace de responsabilité du pratiquant devant les aléas du milieu naturel).
  • Réfléchir au conventionnement avec les collectivités territoriales en anticipant sur les potentielles difficultés juridiques des « contrats d’entretien » associés et les conditions dans lesquelles ces contrats seront réalisés (qui fait ? Quelles incidences financières ? etc…). Le prestataire de l’entretien, (éventuellement nous) se trouvera-t’il , tant que la loi reste ce qu’elle est, à répondre d’une obligation de résultat à savoir « zéro accident » ?
  • Les solutions (transitoires ou durables) devront être trouvées dans l’idée de ne pas se satisfaire de solutions « au cas par cas » en laissant hors jeu des sites et des clubs qui ne trouveraient pas de solution de conventionnement alternatif.
  • Dans l’objectif d’avoir un poids maximum, il serait bon de contacter toutes les autres fédérations concernées : FSGT, CAF, etc…

Nous avons bien noté les fluctuations au jour le jour des positionnements de la FFME qui après avoir exclu de revenir sur la décision du CA, décide d’insérer cette question dans le débat à l’AG du 20 juin en laissant à l’AG la possibilité de décider sur l’option de sur-cotisation (3 ou 10 €) et le déconventionnement pour finalement par la « résolution N°6 » ne plus laisser que la possibilité d’adopter ou non la cotisation associée au déconventionnement.

Nous soutenons pleinement la demande collective des CT du 16/06 de retirer cette résolution dont l’adoption serait lourde de conséquence et questionnerait fortement la démocratie au sein de notre fédération.

Nous avons noté aussi la programmation d’un colloque en octobre sur ces questions.

Nous comptons sur les représentants du CT38 à l’AG pour prendre en compte nos éléments d’analyse et nos propositions. (Qui rejoignent sur de nombreux points le positionnement du CT38)

Nous poursuivons le débat au sein de notre club. Celui-ci (qui regroupe actuellement près de X adhérents) repose totalement sur l’implication forte d’une XXXaine de bénévoles. Nous sommes fondamentalement attachés à l’escalade en site extérieur et engagés de longue date dans l’équipement et l’entretien d’un site naturel petit mais vaillant (site « Y »). Nous développons avec X bénévoles une activité en direction des jeunes. Pour autant, nous cogérons et développons avec la Communauté d’Agglomération une SAE dynamique .

En espérant un changement de positionnement de la Fédération voulu par le grand nombre de clubs et instances qui convergent dans ce sens en ce moment. Ce qui nous laisserait penser que nous avons encore une place dans cette fédération, nous vous souhaitons bon courage pour cette AG difficile et vous souhaitons bonne grimpe.

Le Bureau du Club XXX »

Formations Escalade 2020 2021

Pour la saison 2020-2021 votre comité vous propose d’ores et déjà les formations 👩‍🎓👨‍🎓suivantes :

– Formation Continue Initiateurs et Moniteurs escalade (📆: 10 Oct 2020), infos & inscriptions ⤵️
https://www.ffme.fr/fiche-formation/7761/

– Initiateur SAE (📆 : Nov-Déc 2020) infos & inscriptions ⤵️
https://www.ffme.fr/fiche-formation/7762/

Retrouvez également toutes les formations & stages proposés en région AURA ⤵️
https://www.ffmeaura.fr/formation/calendrier-formations/

Déconventionnement, la réponse des acteurs de terrain aux articles publiés

Les comités territoriaux de la FFME qui sont les organes opérationnels de proximité pour assurer les missions de la FFME ne peuvent pas rester silencieux après les divers articles parus dans la presse spécialisée dont certains s’apparentent plus à un réquisitoire qu’à une enquête journalistique sur les questions de responsabilités, d’assurance, de pérennisation des sites naturels d’escalade et du projet de résiliation de l’ancien modèle de conventionnement. J’exprime ici en accord avec le CT38 une réponse. Je tiens à remercier les revues qui ouvrent leurs pages à cette lettre.

Alors oui, en privé, les auteurs de ces articles, des bons copains parfois, nous disent que ce n’est pas nous, acteurs de terrain, qui étions visés car on fait un « super boulot » dans nos départements mais c’est la fédération au niveau du national qui est incriminée.

Ouf ! Nous sommes réconfortés, on a craint que les plusieurs centaines de milliers d’heures passés bénévolement par nos licenciés, nos clubs, aux côtés de nos techniciens salariés à équiper des centaines de sites, gratter, purger des kilomètres de rocher, parlementer, négocier avec les propriétaires, rencontrer les élus, participer aux commissions, groupes de travail, à défendre, préserver, s’opposer aux différentes restrictions contre notre activité, à rechercher, développer des financements, à informer, former les pratiquants, à promouvoir l’escalade en site naturel dans nos territoires n’aient servi à rien et soient effacées des compteurs.

C’est bien cela le vrai bilan de la fédération pour les SNE. La politique fédérale en matière d’escalade repose sur les sites naturels, le développement des SAE et la compétition, les revues spécialisées ont ainsi du contenu à proposer à leurs lecteurs.

Ce « détail » semble avoir été oublié dans les différents articles ou réactions publiés récemment. D’ailleurs remarquons que ces revues se font échos, omettent les mêmes points tout en exacerbant d’autres arguments, on aurait aimé plus de nuances et de diversité dans le traitement du sujet par le milieu très grenoblois de la presse spécialisée.

Tout n’est pas faux dans ces publications, mais l’orientation univoque et le « bashing » outrancier posent question. Nous sommes donc confrontés à une tourmente. Nous craignons de voir notre sport amputé d’une partie de ses terrains de jeu, d’être privés ou limités d’escalade, les réactions s’embrasent, c’est compréhensible car tous les amoureux du rocher sont révoltés par cette menace de privation d’une liberté qu’est la pratique de l’escalade en site naturel.

Alors, il faut des responsables, des fautifs ! Les prophètes à posteriori ont le beau rôle, on recherche la solution providentielle et comme pour le covid 19, le catastrophisme médiatique est de mise. Tout cela est d’une inutilité incroyable et dessert encore plus notre loisir préféré.

C’est ici une réponse globale aux différents articles, nous allons essayer de faire court sans détailler de nouveau les faits connus, conserver un fond d’autocritique indispensable (à tous !) et ouvrir des perspectives.

Depuis l’affaire de Vingrau et globalement une judiciarisation progressive de l’accidentologie, les conventions historiques pour la gestion des sites ont montré le danger financier et juridique qu’elles représentent pour le gestionnaire associatif qu’est un club ou une fédération.

Ainsi depuis 2017, un autre modèle à été mis en place par la FFME, il repose sur une réalité très répandue en accord avec le droit français ; la collectivité garde la responsabilité de « la chose » et se couvre grâce à des contrôles et des contrats d’entretien lorsque cette garde s’accompagne d’un risque lié à une défaillance de l’équipement (exemple : panier de basket, routes…).

Depuis 2017, nous savons donc qu’il faut transformer les anciennes conventions et le national nous sollicite périodiquement. Déjà pour un certain nombre de sites anciens et tous les nouveaux, c’est chose faite, mais il en reste encore beaucoup et bien évidemment ce changement peut inquiéter le propriétaire public ou privé et faire naître des situations de blocage plus ou moins durables par endroit.

La lettre de Pierre You :

Il faut noter la grande maladresse de la communication dans un contexte sanitaire qui tend les personnes et les fait réagir vivement. Ce courrier a été ressenti comme un autoritarisme vertical et opportuniste, on en mesure les conséquences en termes d’image !

Quelques points à préciser : Cette décision du conseil d’administration aurait dû être validée en AG, ce qui n’était pas forcement acquis, un sujet aussi important méritait un véritable débat et non pas une décision pris à la va vite. J’affirme que ce n’est pas à une équipe sortante qui n’a pas su vraiment résoudre le problème et qui ne fait sans doute plus l’unanimité, de prendre une telle décision maintenant.

Ce sera la mission d’une nouvelle équipe présidentielle que de préserver nos sites. Elle pourra s’appuyer sur les comités territoriaux en travaillant plus collectivement.

Philippe Bugada suggère de lancer des états généraux pour les SNE en y associant tous les acteurs et partenaires, c’est une très bonne initiative qu’il faudra mettre en place.

Aujourd’hui, il nous reste du temps car l’assureur a laissé un délai (fin 2021) et nous avons demandé un moratoire jusqu’en 2022. Si nous savons qu’à moyen terme, en l’état actuel du mode de licenciation, la situation ne sera pas tenable avec ces conventions de 1ère génération, nous avons tout de même un certain répit pour réfléchir à tout cela.

Il y a des réalités incontournables que nous ne changerons pas dans un intervalle de temps réduit pour un sujet si « futile ». Tout d’abord, il y a le droit français autour de la propriété privée, de la responsabilité et de la réparation faite aux victimes, même quand le sénat pousse pour assouplir le principe de la « responsabilité sans faute », les députés bloquent. Ensuite, le modèle français de l’organisation du sport articulée autour des fédérations et pour lesquelles l’état délègue de plus en plus des missions qu’il assurait avant. Ce paysage réglementaire ne changera pas pour les beaux yeux de la grimpe.

Les 2 autres fédérations qui gèrent quelques sites (FFCAM et FSGT), font-elles mieux ? Elles font appel à leurs bénévoles, comme nous ! Espérons qu’elles ne soient jamais confrontées à des accidents du type de Vingrau ou plus graves encore.

L’exemple de « Greenspit » est montré par certains comme un modèle idéal, une solution providentielle qui permettrait d’échapper aux réalités qui nous torturent actuellement. C’est sans aucun doute un super club qui agit sur le terrain, communique efficacement auprès des grimpeurs et a développé de bons réseaux dans le milieu, personnellement, j’applaudis mais la portée reste très limitée. D’ailleurs, en quoi échapperait-il au droit et à la réglementation ? La Présidente engage-t-elle sa responsabilité en prenant la pleine garde de Mollans sur Ouvèze ou tout simplement en assurant au maire que la falaise sera bien entretenue ce qui est un contrat tacite d’entretien et donc le nouveau modèle préconisé par la FFME ?

Il y a 35 ans, nous avons créé l’escalade club de l’Isère. C’était à peu de choses près le même modèle, les mêmes intentions sauf qu’à l’époque nous prêchions dans le désert, nous n’avons pu gagner en efficacité qu’à l’intérieur de la FFE et FFM regroupées. Beaucoup d’actuels présidents départementaux des grands départements riches en sites naturels, figures charismatiques de la grimpe en SNE, ont développé de manière incroyable les falaises dans leur région, ils ont tracé le chemin sans arrogance mais avec détermination. Soyons réservés, ne nous emballons pas avec des choses qui fonctionnent ici ou là mais se heurteront ailleurs à des refus.

Site Sportif : milieu non spécifique !

C’est un choix qui avait suscité de vives réactions mais malheureusement a été adopté. Il reposait sur l’idée de rassurer et ainsi de rendre plus facile l’accès à nos falaises pour les scolaires et les jeunes des clubs avec un mode d’encadrement moins contraint. Bien qu’étant également professeur d’EPS et ayant amené quelques générations d’élèves grimper dehors, j’ai toujours considéré que c’était une erreur! Je n’ai jamais compris quelle analyse avait fournie la Direction Technique Nationale aux élus pour qu’ils aillent dans cette direction. Au regard des problèmes actuels et de la désertion progressive des scolaires du milieu naturel, nous devons faire marche arrière et sans doute limiter cet « environnement non spécifique » aux sites « découverte » dont les caractéristiques s’apparentent à du mur d’escalade. Il faudra en étudier la faisabilité et peut être ferrailler avec des intérêts qui ne sont pas les nôtres.

    Le rôle de la puissance publique :

    C’est le grand oubli des rédacteurs des divers articles, la FFME est accablée et vue comme la seule responsable de la situation actuelle. Au regard du nombre de pratiquants hors licenciés (plus de 1 million en SNE, soit 10 fois plus) les sites sportifs d’escalade sont de fait un bien commun, un équipement « outdoor » tout public qui devrait être pris en compte par les collectivités (communes, Communauté de commune, département, région) à travers la participation au financement, la garde légale du site, voire l’acquisition foncière à des privés. Certaines le font (département de l’Isère entre autres), des maillages se mettent en place entre elles et d’autres s’en sont dégagées totalement et ce malgré l’obligation légale faite aux départements de gérer un PDESI.

    Les médias auraient été en droit de souligner ces défaillances, voire montrer du doigt les mauvais élèves, les politiques sont attentifs à leur image. Mais pour cela, il aurait fallu faire un vrai travail d’investigation auprès des collectivités.

    Pour autant, une implication accrue des collectivités ne doit pas dédouaner le grimpeur de participer à cette couverture assurantielle et au financement des sites. Beaucoup n’hésitent pas à payer 400€ pour un abonnement en salle.

    La professionnalisation de l’équipement :

    Lorsqu’un comité signe un contrat d’entretien avec une collectivité, son président doit s’assurer que les interventions sont réalisées en respectant les règles de l’art. A ce titre « professionnalisation » signifie avant tout montée en compétences des équipeurs. Pour une très grande majorité de falaises l’entretien est réalisé par des équipeurs bénévoles, des clubs. Il est fait appel à des professionnels pour les cas où nous n’avons pas les ressources en interne, ça concerne des sites « utiles » mais ingrats et sans retours glorieux, bref le genre de falaises qui ne figurent jamais dans les canards !

    Ce fonctionnement général permet une puissance d’action importante pour des coûts de réalisation très raisonnables incomparablement inférieurs à ceux d’entreprises privées.

    Nous défendons également âprement l’idée qu’ouvrir une voie en site naturel est un geste sportif au même titre que de grimper et fait partie de l’essence même de l’activité. L’ouverture industrielle serait un appauvrissement.

    Pour toutes ces raisons, les CT FFME, qui gèrent des sites dans leur territoire veulent en garder la maîtrise : création, ouverture et entretien. Affirmer le contraire est un mensonge !

    L’accès aux falaises :

    Deux questions sont restées sans réponse, la présidence de Pierre You a botté en touche, mais a-t-elle été vraiment aidée par son équipe ?

    Les SNE en libre service ? Tous les « non licenciés » accèdent librement aux falaises gérées par la FFME qui sera redevable en cas d’accident (les cas récents entre autres). Plus d’un million de grimpeurs en SNE pour 100000 licenciés qui doivent en supporter le risque. Un gestionnaire peut tout à fait réglementer l’accès s’il le juge souhaitable, c’est également le moyen de faire évoluer les mentalités chez les pratiquants et les politiques.

    Certains diront « c’est sa mission », il est interdit d’interdire ! Sûrement et dans l’absolu je souscris, mais à condition que la puissance publique tienne son rôle et assume ses responsabilités à minima !

    Alors on parle de licence «coca cola» des falaises, sorte d’idée « novatrice » qui permettrait de partager le risque entre tous les utilisateurs

    C’est toujours difficile de défendre des valeurs et de laisser les marchands entrer dans le temple. Malheureusement notre activité n’attire pas encore les mécènes. S’il faut bien des sponsors, ils doivent rester à leur place. Les entreprises qui voudraient s’investir, pourraient rembourser une part directement au pratiquant mais de là à conceptualiser une licence, il y a un pas !

    Ce type de licence reposerait donc sur la bonne volonté à l’acheter (rappelons la proportion actuelle 1 licencié pour 10 falaisistes). La FFME avec son concept de « RockClimber » explore cette direction mais se heurte pour l’instant à l’indifférence des pratiquants extérieurs.

    Alors la rendre obligatoire ? C’est un autre scénario, il faudrait surement une volonté du ministère et une proposition de loi mais qui concernerait sans doute un peu toutes les activités de pleine nature dites à risque sans parler des contrôles pour la faire respecter ! Usine à gaz…

    L’idée des états généraux prendrait ici toute sa valeur. Cette grande réflexion collective permettrait de mieux associer et préciser l’engagement des maires, des départements, du ministère et d’en déduire  les tickets d’accès possibles pour le pratiquant: licence fédérale (FFME, FFCAM, FSGT…), vignette, assurance… ou accès gratuit ! Un beau chantier au sens noble !

    La seconde question est celle de l’accès aux falaises sans conditions à des grimpeurs novices et incompétents en termes de sécurité, risquant de mettre en danger eux-mêmes voire les autres.

    Certains ont soumis l’idée d’un permis d’escalade. Ce point à été balayé par le national ! Pourquoi ?

    Notre conception de la liberté doit elle nous faire se réjouir quand on voit par exemple un papa au taquet assuré par son gamin trois fois plus léger ? Vaste débat !

    Peut être faudrait-il encourager en interne les grimpeurs licenciés, qui pratiquent en individuel, à valider les quelques compétences nécessaires à la sécurité en site sportif. Cette sorte d’attestation simple et peu contraignante à obtenir, pourrait faire l’objet d’une vérification sur le terrain ou d’une validation d’acquis et établie par un président de club, un professionnel, un cadre fédéral en activité (initiateur SNE). Cette recommandation « appuyée » outre son intérêt direct pour éviter les accidents ferait tâche d’huile et inviterait tout pratiquant à maîtriser sa sécurité en site sportif. Qui peut souhaiter le contraire ? Cela rapprocherait les pratiquants des clubs de la FFME ou d’autres fédérations, d’élargir la base des licenciés et finalement de partager le risque. Ajoutons qu’un front commun des trois fédérations autour de cette question serait le bienvenu même si la FFME gère la très grande majorité des sites.

    Il y a sans doute d’autres pistes, des meilleures peut être, des pires sans doute, ne doutons pas que la réflexion collective et le temps suffisant les fassent émerger.

    En attendant, calmons le jeu, soyons honnêtes dans les critiques et faisons, chacun de nous tous, correctement notre job !

    Cette turbulence aura permis aux comités territoriaux de se rapprocher et de constater qu’ils partagent les mêmes valeurs, c’est une force qui se met en route, pour cela croyons en des jours meilleurs

    Claude Vigier, FFME Isère, guide et équipeur encore en activité, pour la rédaction

    Co signataires (à noter que dans le laps de temps imparti, nous n’avons pu contacter tous les CT, nous leur présentons nos excuses)

    • Denis Hodoul président du CT01
    • Thibault Billard président du CT03
    • Patrice Garnier président du CT04
    • Natalie Fourbet présidente du CT05
    • Jean Luc Belliard président du CT06
    • Claire Euvrard, présidente CT 07
    • Vincent Besson, président du CT 12 et 48
    • Jean Claude Grand président du CT13
    • Patrick Violet président du CT21
    • Cyril Gilbert président du CT22
    • Jean François Valen président du CT24
    • Stéphan Paillard, président du CT 25
    • Pierre Legreneur président du CT26
    • Paul Jacquin président du CT29
    • Françoise RAULT-DOUMAX Présidente du CT 30
    • Patrick Doumas, président CT34
    • Bruno Roux président du CT38
    • Stéphane Grignan président du CT39
    • Jean Luc Rigaux président du CT42/43
    • Pascal Serra président du CT63
    • Corinne Soudan, présidente CT 69
    • Fabien Andrieu président du CT66
    • Pascal BRUM, président CT67
    • Yann Cardin, président CT 71
    • Fred Juarez, président CT 73
    • Xavier Ossola président du CT81
    • Alain Righi président du CT83
    • Pierre Duret président du CT84

    Le déconventionnement des sites d’escalade

    Le comité territorial Isère de la FFME tient à s’exprimer à la suite du courrier adressé par Pierre You, Président de la FFME, concernant la dénonciation des « anciennes conventions » de gestion des sites d’escalade et de l’embrasement qu’il a suscité sur les réseaux sociaux et autres forums où de nombreuses personnes ont émis des avis tranchés, des jugements sévères, voire des procès d’intention sans vraiment connaître le dossier.

    Le contexte :

    Cette décision de remplacer les anciennes conventions a été prise suite à l’accident de Vingrau en 2010 et ne date donc pas d’aujourd’hui.

    Elle vient d’être accélérée du fait de l’assureur qui devant les dédommagements à débourser bien supérieurs aux cotisations encaissées lance un ultimatum à la FFME en lui laissant 3 choix :

    1. chercher un autre assureur
    2. garder les anciennes conventions avec un surcout de 10€ par licencié pour cette année
    3. dénoncer ces anciennes conventions et conserver la couverture pour les nouveaux contrats d’entretien passés par la FFME, moyennant un surcout de 3€ par licenciés

    Le comité directeur de la fédération a choisi la 3ème option, ce qui semblait la plus raisonnable car la seconde aurait occasionné à chaque nouveau préjudice une augmentation identique voire supérieure, ce qui n’aurait pas été supportable à très moyen terme pour les adhérents qui auraient fini par fuir. Toutefois, ce choix très important aurait du faire l’objet d’un débat et d’un vote encore pour cette année lors de l’assemblée générale plutôt qu’être une décision unilatérale décidée dans le contexte très particulier du confinement.

    Quant à la première solution, vu le passif « recettes-dépenses » actuel, elle aurait surement été bien plus défavorable pour un nouveau contrat.

    Qui sommes nous :

    Il est important de présenter Le CT 38 de la FFME pour ne pas laisser de doute sur notre intérêt pour les sites naturels d’escalade. Le CT de l’Isère fait partie des comités dont l’essentiel de leur activité est consacré à la gestion des sites naturels d’escalade (d’ailleurs ça nous est parfois reproché).

    Nous avons un salarié dédié à cette tâche qui regroupe à la fois des actions sur le terrain, un très grand suivi administratif, règlementaire et un relationnel étroit avec les collectivités locales, les associations environnementales, les administrations des parcs et enfin tous les équipeurs bénévoles et clubs qui agissent sur le terrain dans ce domaine.

    La gestion des sites naturels d’escalade représente également une part centrale dans le budget du comité.

    Le collectif du comité est composé également de grimpeurs et ouvreurs qui ont consacré une très grande énergie à équiper les sites, favoriser le développement et la préservation de l’escalade en site naturel.

    Nous ne pouvons donc pas être soupçonnés de nous désintéresser de ce sujet et de ne penser qu’à l’olympisme de l’escalade et la pratique en SAE.

    Le CT 38 n’a jamais hésité à tenir un discours discordant face aux élus nationaux et à apporter sa contribution dans la réflexion générale autour de cette problématique des SNE.

    Alors qu’en est-il vraiment ?

    Les anciennes conventions qui ont permis en leur temps de développer l’escalade en site naturel ont démontré leur inadaptation actuelle face à la judiciarisation de l’accidentologie et la volonté affirmée de dédommager largement la victime quand la structure mise en cause est solvable. Rajouter maintenant de la jurisprudence défavorable qui se développe.

    Les anciennes conventions libéraient totalement le propriétaire et attribuaient la garde de la « chose » au gestionnaire du site (la FFME) qui se voyait ainsi soumis à la règle de la Responsabilité sans faute. Le gestionnaire est donc responsable des dommages subis par la victime même si aucune faute n’a été commise, excepté pour les accidents qui résultaient d’une erreur flagrante du pratiquant et encore, la question lors d’un lâcher de corde en moulinette a été posée de savoir si c’était la corde qui était trop courte (faute du pratiquant) ou bien le relais trop haut (défaut d’équipement) !

    Ainsi le jugement de Vingrau a condamné en appel la FFME à 1,6millions de dommages et intérêts sans même tenir compte des circonstances de l’accident dans lequel les grimpeurs avaient une responsabilité évidente. Deux autres affaires attendent leur jugement et risquent de mener au même résultat.

    La FFME a donc réfléchi depuis quelques années et proposé un autre mode de gestion des SNE : la collectivité (commune, département…) prend ou conserve la garde du site  et signe un contrat d’entretien avec un prestataire pour veiller à sécurisation du l’escalade. En l’occurrence, la FFME peut et veut jouer ce rôle par l’intermédiaire de ses comités territoriaux départementaux qui en ont les moyens et les compétences. Ainsi en cas d’accident, si la victime pense que les causes sont dues à un défaut d’entretien elle pourra mettre en cause la commune qui se tournera vers le prestataire. La faute, la négligence devront être avérées et prouvées sachant que :

    • le milieu naturel conserve par essence des aléas difficilement prévisibles
    • un défaut dans l’obligation de moyens devra être mis en évidence et relié aux causes de l’accident.
    • que l’obligation de résultat n’est pas un postulat au regard de l’incertitude qui caractérise les activités de pleine nature.

    On se doute bien qu’il pourra y avoir des batailles en justice derrière les notions de « faute » « d’obligation de moyens » ou de « résultat ». Mais en attendant, finies les condamnations systématiques, rendant déraisonnable et inacceptable cette prise de responsabilité aveugle que représente aujourd’hui la garde d’un site pour la fédération.

    Une piste encourageante sur le plan législatif :

    Parallèlement un travail au niveau des responsables politiques a été fait pour faire évoluer la loi sur cette notion de « responsabilités sans faute » surtout autour d’activités qui sont qualifiées d’activités à risque et dans lesquelles le milieu, par définition, ne sera jamais complètement sécurisé. D’ailleurs le pratiquant accepte en toute conscience cette part de risque résiduel qu’il doit apprendre à gérer.

    Ce lobbying auprès des élus de proximité a porté ses fruits. Il entrait en résonance parfaitement avec les préoccupations des maires dans leur commune, confrontés pour eux même à cette responsabilité sans faute dans maints domaines.

    Un premier texte a ainsi été adopté par le sénat et porté à l’assemblée nationale. Il est resté bloqué et globalement enterré en l’état car certains députés de la majorité voyaient trop de désavantage pour les victimes.

    Cet automne un second texte retravaillé a été de nouveau voté par les sénateurs et se propose de faire modifier la loi. Il est ou va être déposé devant les députés.

    Rappelons la procédure générale d’élaboration d’une loi :

    Proposition d’un texte de loi à l’assemblée nationale, inscription au calendrier, débat, vote en première lecture, retour au sénat (débats, amendements et vote), retour en 2ème lecture à l’assemblée nationale (débat amendements et vote), le conseil constitutionnel pourra émettre un avis qui, s’il est défavorable, enterrera le projet en l’état.

    Ensuite, il faudra attendre plus ou moins longtemps les décrets d’application sans lesquels la loi reste dans le placard ce qui arrive assez régulièrement.

    Si nous devons rester optimistes par rapport à cette évolution favorable de la loi qui répond aux besoins de nombreux élus mais nous comprenons bien que nous ne sommes pas du tout dans la même temporalité que l’ultimatum de l’assureur mais également il y a le risque d’un nouvel accident venant encore plomber un peu plus la situation de la FFME face à son assureur.

    Dans le contexte sanitaire et économique actuel, la reprise d’une vie politique normale va se faire doucement et il y aura d’autres priorités sans doute, ce type de loi ne va pas faire l’objet d’une ordonnance et il faudra donc être patient.

    La FFME est aujourd’hui accusée de ne pas assumer son rôle et globalement de baisser les bras, voire de se désengager des SNE.

    Regardons les choses de plus haut !

    Le site d’escalade un bien commun :

    La fédération gère directement ou indirectement environ 2500 sites. Elle regroupe 100000 licenciés soit 1/10ème des pratiquants, estimés à plus de 1 million. La FFME ouvre les sites dont elle a la garde à tous ces pratiquants individuels ou institutionnels (scolaires entre autres).

    Les sites naturels font donc partie du bien commun et à ce titre, c’est le rôle de la puissance publique que d’assumer la responsabilité juridique et même financière de ces équipements, ce qu’elle fait par ailleurs pour les autres sports. La fédération de natation n’a pas la garde des piscines et ne finance pas ses bassins olympiques !

    Ce n’est donc pas la FFME qu’il faudra accabler, lorsqu’un maire refusera de signer un contrat d’entretien sur une falaise communale dont il ne veut pas assurer la gestion car il s’agira d’un choix politique.

    Un nouveau modèle de gestion :

    D’ailleurs la FFME a proposé en remplacement de ces conventions « toxiques », une gestion différente, qui fonctionne bien et dont les élus sont coutumiers (mise en place d’un contrat d’entretien avec un prestataire pour un équipement qui leur appartient comme un gymnase par exemple).

    Il ne faut pas croire que d’assumer un contrat d’entretien est anodin et tout manquement aura les même conséquences juridiques que Vingrau, on ne peut donc pas parler de désengagement de la fédération qui aurait à verser des dédommagements similaires si elle ne faisait pas correctement son travail.

    Certaines petites communes qui ont de grands sites, craignent encore trop de responsabilité pour leur taille. Il faudra faire du pédagogique auprès des élus, se faire aider sans doute par une collectivité plus grosse (Comcom, département, région) :

    • tout d’abord, l’augmentation de la cotisation de l’assurance en RC communale pour inclure un site d’escalade est très acceptable même pour une petite commune quant au cout annuel d’un contrat d’entretien par la FFME, il reste faible et souvent inférieur à 1500€, hors équipement initial qui a souvent été réalisé sur des financements associatifs.
    • En second lieu, les départements qui ont une obligation légale d’un PDESI, peuvent également se substituer à la commune et assumer le garde des sites, une communauté de communes peut également le faire. C’est juste une volonté politique ! En Isère le conseil département joue ce rôle pour quelques sites et envisage l’élargissement de cette procédure à d’autres falaises inscrites au PDESI.

    Les sites actuellement sous l’ancienne convention :

    En Isère encore, nous avons quelques sites sous anciennes conventions, d’autres sont en contrat d’entretien et enfin beaucoup de sites qui sont en accès libres mais n’ont pas de gestionnaire officiel. Dans la loi française, c’est le propriétaire qui en a la garde et est responsable. Peu de risque juridique pour un propriétaire privé qui bien souvent ne sait même pas qu’on grimpe sur son terrain, voire qui ne connait plus trop les limites de sa propriété, d’ailleurs, on pourrait estimer que l’escalade avant d’être interdite aurait du être autorisée pas le propriétaire ce qui n’est pas le cas bien souvent et il n’y a pas de jurisprudence en la matière, aucun propriétaire privé inquiété par un accident. Si un propriétaire installait une buvette au pied de sa falaise alors peut être se mettrait-il en difficulté en cas d’accident. Pour un privé qui voudrait se prémunir de tous risques juridiques potentiels, là encore la commune ou le département pourraient jouer l’interface.

    Pour un propriétaire public à lui de décider s’il interdit l’accès, laisse l’accès ou autorise l’escalade officiellement et gère le site.

    Les réactions des falaisistes :

    Beaucoup de grimpeurs regrettent et critiquent le désengagement de la FFME par rapport à ces conventions toxiques et pensent que la FFME veut abandonner la gestion des sites. Ils attendent beaucoup de la fédération et en même temps, ils ne se licencient pas et ne s’impliquent pas !
    – « tu viens demain à la manif pour les sites d’escalade ? »
    – « je ne peux pas, il fait beau, je vais grimper»…

    Faut-il être catastrophiste ?

    Non sans doute, par contre il ne faut pas lâcher prise, rester mobilisé et parler aux politiques ;

    Tout d’abord, il faut croire en l’évolution de la loi qui va donner de l’oxygène aux maires et les rendra bien plus réceptifs à la mise en place d’une gestion des sites d’escalade avec contrat d’entretien, mais ça ne sera pas avant 2021 et peut être même pas durant cette mandature. Il faut continuer le lobbying auprès des députés.

    Certains sites seront momentanément interdits, d’autres par contre resteront accessibles. Quoiqu’il en soit nous ne les déséquiperons pas car une solution de rechange est proposée pour leur gestion.

    Il y a aussi des sites que nous devions abandonner car délaissés, certains d’entre eux ont fait l’objet d’une convention ancienne qui court encore.

    La majorité des sites en Isère n’est pas (plus) concernée par ses anciennes conventions.

    La nouvelle gestion fait son chemin et ne choque pas les élus lors de la création d’un nouveau site.

    L’escalade représente un enjeu socio économique non négligeable surtout au niveau des territoires de montagne et de nombreux élus ne veulent pas la condamner en fermant les sites naturels, d’autant que l’investissement est faible et l’attractivité élevée.

    Quelques points tout de même à réfléchir :

    L’accès aux sites d’escalade, doit- il être assujetti à :

    • une licence, une assurance, une vignette ? pourquoi 100000 licenciés supporteraient-ils l’accidentologie potentielle de l’ensemble des pratiquants ?
    • La majorité des accidents en falaise résulte d’une faute ou d’une erreur de jugement du pratiquant. Au regard des conséquences de tels drames ne devrait-on pas réfléchir aux compétences minimum nécessaires pour grimper en site naturel (les salles d’escalade privées font signer un doc la dessus aux grimpeurs) ? Pour sa propre sécurité le grimpeur doit être responsabilisé.

    En espérant que ces quelques lignes vous auront permis de mieux comprendre la problématique des sites d’escalade et de rester optimistes sur l’avenir de la grimpe en site naturel.

    Pour le CT 38 FFME,

    Claude Vigier, responsable de la commission « SNE »